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Lawrence Carroll

Galerie Karsten Greve Paris Côte Rue

That What Comes
9 septembre - 28 octobre 2017
 
Vernissage : Samedi, le 9 septembre, 18 à 20 h
en présence de l’artiste
 
ŒUVRES
 
« Tout est un mystère, nous-mêmes, les choses plus simples, les plus modestes. »
Giorgio Morandi
 
La Galerie Karsten Greve a le plaisir de présenter That What Comes, exposition consacrée au travail de Lawrence Carroll. Depuis 1999, la Galerie Karsten Greve expose l’œuvre intime et mélancolique de cet artiste, où les matières les moins nobles deviennent de puissantes métaphores de la fragilité et de la volonté de résistance propres à la nature humaine. En 2017 deux musées européens lui dédient leur programmation : le Museo Vincenzo Vela de Lugano (Suisse), et le Kunstmuseum Kloster de Magdebourg (Allemagne), qui ouvrira son exposition en novembre prochain.
 
La recherche constante du potentiel poétique des éléments les plus ordinaires de la vie, de leur structure et de leur présence physique dans l’espace, ainsi que l’attention portée aux effets subtils de la lumière du jour, rapproche l’œuvre de Lawrence Carroll de l’univers de Giorgio Morandi. Les créations de l’artiste australien pourront alors dialoguer avec celles du maître italien grâce à l’exposition Giorgio Morandi, qui s’ouvre concomitamment dans l’espace de la Galerie Karsten Greve au fond de la cour. Les deux expositions amènent le spectateur dans un univers méditatif, où l’esprit se pose et on respire au rythme du souffle lent et doux du temps qui se sédimente.
 
L’œuvre de Lawrence Carroll est faite de matériaux humbles, de fragments oubliés, voire de poussière. Ses peintures, qui se font souvent objets, témoignent d’un temps qui laisse toujours sa trace sur la toile, constamment réinventée par un geste qui efface le précédent. Pour Carroll, la création repose sur un long processus de concentration et de contemplation. La volonté d’apprivoiser l’œuvre et de la laisser se révéler, crée un rapport d’intimité entre celle-ci et l’artiste. La peinture et la vie se lient alors de manière indéfectible, leur rapport allant au-delà du récit autobiographique, pour que l’œuvre elle-même devienne image de l’existence.
 
Dans l’atelier les débris se déposent avec le temps, et grâce à l’intuition de l’artiste chaque éclat retrouve sa place. Les œuvres de cette exposition ont été réalisées suivant ce processus. Elles se construisent au fil de l’eau. Alors que les fleurs étaient un thème récurrent dans ses premiers travaux, l’eau qui est une métaphore de la vie, est le leitmotiv de cette nouvelle série. Une des premières apparitions de cet élément naturel fut dans l’œuvre I hear the ice melting, présentée à l’occasion de la Documenta 9 en 1992. Depuis, l’eau a souvent été une source d’inspiration pour Carroll, jusqu’à l’intégrer physiquement dans son œuvre. La première Freezing Painting, peinture dissimulée derrière une épaisse couche de glace fondant, date de 2005 ; et en 2013, une étonnante pièce de cette série fut présentée au Pavillon du Vatican lors de la 53ème Biennale de Venise. Comme le fleuve qui ne peut pas arrêter son cours, la vie change en permanence sans laisser la possibilité de retenir l’instant. Son mouvement perpétuel, qui fait d’elle un élément éminemment instable, empêche le regard de se fixer. Le défi est alors pour Carroll d’en saisir l’essence. C’est dans l’étude des maîtres tels que Rembrandt, Van Gogh et particulièrement des dessins de jeunesse de Piet Mondrian, que l’artiste a trouvé l’inspiration pour cette nouvelle série. Plus loin encore dans l’histoire de l’art, ce sont la délicatesse et le synthétisme des anciens paysages dessinés chinois qui trouvent écho dans la sensibilité de Lawrence Carroll.
Pendant plus d’une décennie Lawrence Carroll a dessiné l’eau les yeux fermés. Cet exercice lui a permis d’intérioriser son geste pour que le dessin ne soit plus issu du regard, mais qu’il soit un paysage de la mémoire. Les Black Mirror Paintings sont le fruit de ce travail d’abstraction, où ce qui reste est l’essentiel : le geste, la ligne et la couleur. La peinture noire est incisée par un scalpel, le signe est incertain mais en même temps irrévocable. Le mouvement aquatique est traduit par la main du peintre dans une expérience de vie où tout est en transformation et fragile. Le cadre lui aussi est brisé, et il n’arrive plus à délimiter la surface de l’œuvre. Il est le résultat d’une destruction qui se fait, comme souvent dans les œuvres de Lawrence Carroll, créatrice. Comme des êtres vivants, les œuvres portent sur elles les cicatrices de leur survie.
C’est une atmosphère presque hivernale qui émane de la production récente de Carroll. Une atmosphère brumeuse, où tout reste suspendu, nous surprend dans la série de toiles qui oscillent entre le bleu-ciel et le cérulé. Comme un ciel marin durant la tempête, le bleu est ponctué de taches nuageuses laissées par le pinceau imbibé de peinture blanchâtre. Ce ciel se transforme en corps et la pluie se transfigure en larmes dans les White Oval Paintings. Ces ovales blancs, où tout se joue sur des variations minimes de nuances, sont des peintures qui pleurent. Dans l’espace limité par un cadre en bois brut, où souvent le pinceau s’est posé sans honte, des nuages gonflés d’eau pleurent sans arrêt, une cascade figée dans le temps.
Discrètement, les peintures de Lawrence Carroll attendent le spectateur dans le silence qui leur est propre. Ce silence n’est pourtant jamais muet et en dessous du calme apparent de la surface une grande énergie bouillonne.
 
D'ARTIST
Lawrence Carroll est né à Melbourne (Australie) en 1954 et a grandi en Californie. Sa première exposition personnelle a eu lieu à New York en 1988. L’année suivante Carroll est un des jeunes artistes américains invités par Harald Szeemann à participer à son exposition Einleuchten au Deichtorhallen de Hambourg, en Allemagne. En 1992 Carroll participe à la Documenta IX, où il est également invité en 2005 pour le cinquantième anniversaire de l’événement. Lawrence Carroll a exposé dans les plus importants musées d’art contemporain. Ses œuvres font partie de prestigieuses collections privées et publiques internationales, parmi lesquelles figurent celle du Guggenheim Museum de New York et du MOCA de Los Angeles (USA), du MART de Trento et Rovereto (Italie), de la Galerie der Stadt de Stuttgart (Allemagne) et du Museo Cantonale d’Arte de Lugano (Suisse). Récemment les œuvres des Carroll ont été acquises par les Musées du Vatican ainsi que par la Ca’ Pesaro à Venise.
Lawrence Carroll vit et travaille à Bolsena, en Italie.
 

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