Vous êtes ici

Giorgio Morandi

©Adagp, Paris, 2017, Courtesy Morat-Institut für Kunst und Kunstwissenschaft, Freiburg i. Breisgau, Photo: Hartmut Schmidt
©Adagp, Paris, 2017, Courtesy Morat-Institut für Kunst und Kunstwissenschaft, Freiburg i. Breisgau, Photo: Hartmut Schmidt
  • ©Adagp, Paris, 2017, Courtesy Morat-Institut für Kunst und Kunstwissenschaft, Freiburg i. Breisgau, Photo: Hartmut Schmidt
  • ©Adagp, Paris, 2017, Collection Privée / Private Collection, Photo: Christopher Clem Franken, Köln
  • ©Adagp, Paris, 2017, Collection Privée / Private Collection
  • ©Adagp, Paris, 2017, Collection Privée / Private Collection, Photo: Christopher Clem Franken, Köln
Galerie Karsten Greve Paris

9 septembre - 7 octobre 2017
 
Vernissage : Samedi, le 9 septembre, 18h à 20h
 
CATALOGUE D'EXPOSITION
 
La Galerie Karsten Greve Paris a le plaisir de présenter Giorgio Morandi (1890-1964) vingt ans après sa première exposition à Cologne (1996), dont le rayonnement a contribué à la création de collections majeures internationales. Du fait de la rareté de sa production, le rassemblement d’une cinquantaine d’œuvres (38 natures mortes et 15 paysages) fait de cette exposition un événement inédit. Issues de prêts d’importantes collections privées, ces peintures, dessins, aquarelles et gravures, datés de 1927 à 1963, exposent toute la complexité de l’œuvre de Morandi en mettant en valeur l’évolution de ses recherches plastiques. Cette exposition muséale, de par le nombre des œuvres présentées et de par leur qualité, s’inscrit à la suite des plus prestigieuses rétrospectives dédiées à l’artiste, à travers le monde.
 
Certains peuvent voyager à travers le monde et ne rien en voir. Pour parvenir à sa compréhension, il est nécessaire de ne pas trop en voir, mais de bien regarder ce que l’on voit. (Giorgio Morandi)
 
Profondément ancrée dans la quotidienneté, l’œuvre de Giorgio Morandi repose sur le lien qui unit l’objet représenté à l’esprit créateur. Artiste solitaire, isolé dans son atelier bolonais pendant la quasi-totalité de sa vie, son art s’est tout entier tourné vers la représentation de son environnement immédiat. Bouteilles d’huile, vases, boites, mais également paysages contemplés depuis sa fenêtre, furent ses principales sources d’inspirations. Dans l’atelier du peintre et recouverts d’une couche de peinture mate, ces objets subissent une véritable désincarnation. Ils sont moins des objets que des « choses » et moins des modèles que des prétextes pour peindre.
 
Ainsi, loin de s’adonner à un pur exercice de représentation de la réalité, Morandi est surtout intéressé par les questions ontologiques de la peinture : forme, couleur, espace. La recherche d’une peinture uniquement structurée par ces éléments amène Morandi à regarder vers les expérimentations esthétiques des Avant-Gardes. Après avoir brièvement suivi les futuristes, c’est vers la peinture métaphysique qu’il se tourne à la fin des années 1910, attiré par leur tentative de concrétisation de l’espace à travers la géométrisation de formes nettes. Schématisée, la nature morte devient le terrain d’expériences esthétiques qui mettent en avant la conceptualisation de l’objet plutôt que sa reproduction.
 
Dès lors, Giorgio Morandi a focalisé son attention sur des objets aux profils résolument graphiques. Si la schématisation de ces modèles, paysages ou natures mortes, est encore peu présente à la fin des années 1920, celle-ci se précise et se confirme au fur et à mesure de son expérimentation des différentes techniques artistiques. La dématérialisation de ces objets s’exprime alors en fonction du médium utilisé : la gravure lui permet d’éprouver l’abstraction par le trait, par la peinture à l’huile il expérimente les couleurs, tandis que l’aquarelle lui permet de travailler la lumière. Le traitement de chacune de ses œuvres est donc un effort de simplification, non pas par le motif, comme le font les cubistes, mais par la technique.
 
La réalité observée s’efface au profit de la massification des volumes dans la peinture et de leur effacement dans la gravure. C’est un objectif de déconnection de l’Existant, au profit de la revendication de l’acte créateur de l’artiste qui crée sa propre Vérité, qui anime Morandi. Cette conception lui vient directement de l’influence des expérimentations cézaniennes. En effet, Cézanne assume clairement la facticité de la mise en scène orchestrée par le peintre. Selon lui, l’activité intellectuelle créatrice du peintre, qui s’exerce d’abord dans la recomposition de la réalité puis dans sa retranscription picturale, doit primer sur la représentation du Vrai. Cette idée domine largement les œuvres de Morandi : chaque nouvelle création est avant tout une mise en relation entre les corps des objets qui ne suit pas un objectif de réalisme, mais est à la recherche de cohésion spatiale. Car pour l’artiste, il existe une distance inéluctable entre la réalité et l’expérience esthétique : l’œuvre d’art se situe dans un « ailleurs » perpétuel.
 
Cette manipulation évolue de façon très distinctive tout au long de la carrière de Morandi et n’est poussée à son extrême qu’à partir du milieu des années 1950. Ses peintures sont alors débarrassées de la sensualité des variations chromatiques pour des gammes de couleurs plus limitées, et illuminées par une clarté solaire qui sculpte les volumes en aplat, que la critique a rapproché de celle magnifiée par Piero della Francesca. Le rendu n’est alors pas sans rappeler les fresques de Giotto et de Masaccio, que Morandi revendique comme faisant partie de ses inspirations principales.
 
L’œuvre de Giorgio Morandi offre au spectateur un ensemble aux variations subtiles et multidirectionnelles d’un motif quasi immuable mais pourtant fortement chargé d’une réflexion sur l’essence de la peinture. Une œuvre qui inspire les artistes contemporains tels que Lawrence Carroll, dont le travail est défendu par la galerie depuis bientôt 20 ans, pour qui la création repose également sur un long processus de concentration et de contemplation et qui expose en même temps dans l’espace côté rue.
 

L'ARTISTE
Giorgio Morandi est né à Bologne, en Italie, en 1890. Dès la fin de ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne (1907-1913), il participe aux principales expositions collectives du renouveau de l’art italien, telles que la II Esposizione Internazionale d'Arte della Secessione de Rome, en 1914, ou la Mostra del Novecento Italiano à Milan, en 1926 et 1929. En 1930, Mussolini le nomme titulaire de la chaire de gravure à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne. Sa reconnaissance internationale débute en 1948 par l’obtention du Premier Prix de Peinture lors de la XXIVe Biennale de Venise et se poursuit avec sa première exposition institutionnelle au musée des Beaux-Arts de Bruxelles l’année suivante. En 1962, il reçoit le Prix Rubens pour la peinture par la Ville de Siegen. Les œuvres de Giorgio Morandi font partie de nombreuses grandes collections publiques d’art contemporain, parmi lesquelles figurent le Centre Pompidou de Paris, la Tate Modern de Londres, le Metropolitan Museum de New York, qui a notamment présenté une exposition rétrospective de l’artiste en 2008 en partenariat avec le Musée Morandi de Bologne. Le Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine à Moscou lui a consacré une exposition en 2017. Giorgio Morandi est décédé à Bologne en 1964.

Theme by Danetsoft and Danang Probo Sayekti inspired by Maksimer