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Norbert Prangenberg

Galerie Karsten Greve Paris

Sculpture
6 septembre - 11 octobre 2014
 
Vernissage le samedi 6 septembre de 17h à 20h
 
La Galerie Karsten Greve Paris est heureuse d’annoncer l’exposition Sculpture consacrée à Norbert Prangenberg. À la fois peintre, graveur, sculpteur et designer de verre, Prangenberg a été une figure majeure de l’art contemporain allemand : fils de la deuxième moitié du XXe siècle, son travail témoigne des expérimentations formelles des avant-gardes d’après-guerre où la matière et son rapport à l’espace se fait l’une des préoccupations principales de l’évolution artistique. Pendant que l’homme atterrit sur la Lune et que les concepts se font de plus en plus spatiaux, Prangenberg se dédie au modelage de l’argile, depuis toujours la terre la plus fertile pour les artistes, donnant vie à un corpus d’oeuvres faisant hommage à la concrétude et la solidité de la sculpture, dont la présence physique se fait parfois volontairement encombrante.

Norbert Prangenberg commence ses premiers travaux en tant que sculpteur autour de 1980. Les échos archaïques de ses céramiques de grandes dimensions, dont la surface est souvent brute et la forme imposante, attribuent aux oeuvres de l’artiste une portée presque intemporelle. Réalisées en argile, autant ductile à l’état naturel que rigide après la cuisson, les vases et amphores naissent de la combinaison d’une pratique artisanale remontant à l’antiquité et d’une recherche contemporaine où la forme n’est appelée à suivre aucune règle sauf celle de la recherche expressive. Les oeuvres présentées dans l’exposition n’ont rien des précieuses vaisselles communément associées au matériau de la céramique ou de la porcelaine de Sèvres : les dimensions étonnantes et les couleurs vives de ces sculptures amènent le visiteur à découvrir un monde où la grandeur solennelle des oeuvres se mêle à une légèreté ludique, où la forme se fait libre et les teintes gaies.
 
Avec un mélange de matériaux exactement défini fait d’argile et de chamotte, nécessaire au modelage et aux importantes qualités de combustibilité, Norbert Prangenberg construit ses grandes sculptures de corps creux, le plus souvent ovales : la forme est réalisée en disposant le matériau directement en anneaux ou bien avec l’aide de patrons. Couche après couche, les anneaux d’argiles sont posés les uns sur les autres, « soudés » à l’intérieur. Vestiges archéologiques imaginaires, les sculptures s’apparentent à un organisme hybride sur lequel s’agrègent et se développent des parasites: petites vaguelettes modelées, fragments de faïence ou fleurs trompettes. Ces amphores démesurément grandes rappellent la poterie traditionnelle par leur forme et leur technique artisanale, mais sont libérées de toute fonction utilitaire.
 

Norbert Prangenberg se concentre sur des formes sculpturales simples et à la fois très riches. La condition préalable déterminante pour son travail est le matériau dont il se sert qui est l’argile. Il s’agit d’un matériau naturel venant de la terre : c’est un aspect fondamental pour Prangenberg qui aime toucher la matière, la sentir et ensuite travailler avec elle. L’importance de l’approche physique dans la pratique de Prangenberg est évidente : partout on voit des empreintes digitales, posées avec plus ou moins de force. L’artiste perce les parois d’ouvertures circulaires ou rectangulaires et rajoute directement à la main des traces de raclage, de grattage et des égratignures, ce qui donne à ses sculptures un réel caractère organique. La relation intrinsèque du corps de l’artiste avec la matière se retrouve également dans le titre qu’il utilise de manière constante: « figure ». Prangenberg refuse ainsi de nommer ses oeuvres dont l’effet et la signification doivent seulement être provoqués par l’objet lui-même, sans aucune référence aux choses de ce monde.
 
Autre symbole de son ancrage à la terre, Prangenberg modelait ses sculptures au sol : l’artiste suit la consistance de l’argile, sa lourdeur naturelle, sa malléabilité et sa tectonique. Dans son procédé, Prangenberg accepte le mouvement propre à la matière qui est ainsi intégré dans l’oeuvre : la nature de mottes informes de l’argile, les aspérités d’une paroi, les crevasses d’une surface ne sont de fait pas entièrement soumises à la main du modeleur. Dans les sculptures en terre cuite vernissée, le flux de vernis se dépose dans les fissures de l’argile ; les voies que prend ce flux, la manière dont les couleurs se modifient, tout cela demeure réservé à une raison du matériau.

 
 
 
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